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Filastine – Dirty Bomb

Posted in chronique, musique with tags , , , , on avril 22, 2009 by noreille

La plupart d’entre nous a découvert Filastine grâce à la série de disques Shotgun Wedding, une série de split-cds sortie chez violent turd, publiant des dj-sets de Dj/Rupture sur une face et un invité sur l’ « autre » face. Grey Filastine est à la base percussionniste, une occupation qu’il exerce encore aujourd’hui au sein du collectif Infernal Noise Brigade, une fanfare anarchiste fondée à Seattle pour accompagner diverses manifestations, des actions contre la guerre en Irak aux marches contre le G8. Ce goût de la performance comme intervention l’a conduit par la suite à se produire autant sinon plus dans la rue que dans les clubs. Il s’y déplace avec une poussette contenant son laptop, ses percussions et son amplification, version moderne et compacte des sound-systems qui sillonnaient la Jamaïque des années cinquante en camions bâchés. Ces multiples occupations ne lui laissant que peu de temps par ailleurs, il nous aura fallu attendre trois ans pour qu’il donne cette année une suite à son premier album « Burn It ». Ce nouvel épisode, intitulé « Dirty Bomb », n’en est que plus réussi, puisqu’il est le fruit de trois ans de travail et de rencontres à travers le monde. C’est sans doute cet aspect multiculturel, gros mélange d’influences, de musiques et de langues qui ressort le plus de ce disque : fanfares des Balkans, orchestres à cordes égyptiens, dubstep londonien, guitares espagnoles, dancehall latino, hiphop et bollywood, etc. Comme chez Dj/Rupture, la musique de Filastine est une échappée salutaire hors de l’orthodoxie des genres, et hors de l’hégémonie de la langue anglaise. Originaire lui-même de Barcelone, Filastine a longtemps habité Seattle, avant de se retrouver musicien nomade, et de se produire avec la même aisance dans les clubs de Budapest, ou les fiestas de Buenos Aires, que dans la rue avec le rappeur Japonais EDC ou l’aborigène australien Wire Mc. Son album est peut-être le vrai album de musique du monde, pas celui des touristes de Putumayo, ou des crétins de Phuket, mais d’un idéal militant de métissage, radical et irrespectueux.

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