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Andrew Kötting – Gallivant

Posted in chronique, cinema with tags , , , on juillet 16, 2013 by noreille

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Gallivant se présente comme un film-souvenir du voyage que le réalisateur a effectué en 1995 autour des côtes britanniques avec sa grand-mère Gladys, 85 ans, et sa fille Eden, 6 ans. En compagnie d’une équipe de tournage, ils ont parcouru près de 18000 km en trois mois dans un camping-car. Pour ces trois générations, c’est un film qui retrace un moment particulier, à la signification assez vive. Pour Gladys, déjà assez âgée  au moment du tournage, et pour Eden, atteinte du syndrome de Joubert qui la condamne à une durée de vie cruellement courte, c’est peut-être le dernier voyage de ce type. Il sera selon les termes du réalisateur « une occasion de faire connaissance avant d’être forcés de prendre des chemins séparés ».

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Ce contexte personnel, lourd de charges émotionnelles, prendra souvent le pas sur le prétexte du voyage, mais sera atténué par l’approche que les protagonistes ont du tournage et de la vie en général. Les questions les plus dures et les plus profondes sont posées avec un flegme et un humour qui en désamorce la gravité. Le même décalage se retrouvera dans le traitement formel du film. Si Kötting se déclare avant tout fasciné par les paysages, ce seront pourtant les rencontres avec les gens qui formeront le plus gros du film. La plupart des scènes s’imposeront ainsi d’elles-mêmes à travers les personnalités croisées, présentant les bizarreries locales, les curiosités historiques, archéologiques, géographiques ou les curiosités tout court.

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Avec une approche aussi humaniste qu’insolente, le réalisateur va tracer des portraits de personnages atypiques qui vont ensemble redéfinir le caractère britannique par leur bon sens terre-à-terre, ou au contraire par leur originalité. Tous habitants du bord de mer (se qualifiant orgueilleusement d’être très différents des gens de l’intérieur des terres), ils se racontent, chacun avec leurs fiertés régionalistes, leur nostalgie des traditions perdues (ou en voie de l’être) et tous avec des reproches et des doléances sans fin contre le gouvernement, les londoniens. En Écosse et au Pays de Galles on raillera contre les anglais, au nord contre les gens du sud (avec la TV qui ne parle que des anglais, le gouvernement qui ne fait rien pour le reste du pays, et les centrales nucléaires qui sont toujours pour nous et jamais pour eux).

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