Archive pour chris watson

Cima Verde

Posted in chronique, experimental with tags , on novembre 19, 2008 by noreille

Chris Watson -Cima Verde


Chris Watson – Cima Verde est le titre d’une installation sonore commandité par la biennale italienne d’art contemporain Manifesta7. Chris Watson a pour ce faire été convié à une résidence d’artiste dans les montagnes du Trentin, dans le nord-est de l’Italie. Partant des cimes du mont Bondone, les trois sommets de Dosso d’Abramo, Cornetto et Cima Verde, Watson retrace son périple à travers des paysages uniques. Partant d’une altitude de 3000 mètres pour redescendre dans la vallée à 250 mètres, il traverse, à travers sept paliers, sept tableaux sonores très différents, chacun avec son univers acoustique, son paysage et sa faune. Du vent du sommet aux forêts de pins ou de bouleaux des coteaux, des neiges fondantes aux rivières qu’elles alimentent, du froid extrême des hauteurs au printemps de la vallée, Watson prend le temps de repérer les environs, profitant de son expérience de preneur de son pour les émissions animalières de la BBC, et découvre à chaque étape un nouvel écosystème en plus d’un nouveau paysage. Composant autant à partir des éléments naturels, le vent, l’eau, les arbres, les montagnes elles-mêmes que de « solistes » animaux, hirondelles, corbeaux, coqs de bruyères, etc. , il recrée des tranches du paysage, reconstitue des scènes de genre, déclinées du minimalisme contemplatif des sommets aux chorales d’oiseaux des plateaux.

Publicités

touchradio

Posted in experimental with tags , , , , , , , , , on août 12, 2008 by noreille


photo de Jon Wozencroft (aer) pour touchradio

j’avais presque oublié… Touch est un de mes labels préférés de tous les temps, un de ceux qui selon moi, ont défini le futur de la musique tel que nous le connaissons aujourd’hui, qui a brisé les barrières traditionnelles entre musique populaire et musique « savante », entre bruits, sons et notes, qui a inventé une approche radicale de la compilation comme voyage, de la mixtape comme travelogue, avant de produire quelques-uns des albums marquant de la musique expérimentale et de la musique électronique… Un label qui a été aussi radicalement avant-gardiste visuellement ( à travers notamment le graphisme et la photographie du patron Jon Wozencroft, ou le travail du Neville Brody Studio) et intellectuellement, que ne l’était la musique qu’il défendait… etc, arrêtez moi quand je radote… et donc, ce label, Touch, a créé sur son site internet, une sorte de « radio », intitulé bien sûr touchradio, qui consiste en une série de cartes blanches à des artistes maisons, qui proposent les uns des pièces inédites, des extraits de concerts ou des bandes-son d’installations sonores, d’autres, des compilations de pièces sonores, dans le style justement des compilations originales du label (les mythiques k7 « touch travel » ou « Meridians One », les anthologies « antiphony » ou « antitrade » du sous-label Ash International, etc…) La série en est à son 33ème épisode depuis le début de ce mois d’Aout, avec une sélection des archives de Jon Wozencroft. Publié sous le nom de AER, ces enregistrements sont une marque de fabrique du label. Une grande partie de ces prises de sons et de ces field-recordings ont déjà trouvé place sur les compilations du label, que ce soit sous forme de courts interludes ou de montages plus complexes. Elles couvrent une période allant de 1982 à 1998. Une grande partie de ces enregistrements sont des cassettes ou des minidiscs, ce qui leur ajoute un charme certain, avec leur défauts caractéristiques de souffle,de phasing, etc… Les épisodes précédents étaient confiés, entre autres à Tom Lawrence, à Simon Fisher Turner, à Enrico Coniglio, à Novi_sad, à Lasse Marhaug et à Chris Watson pour ne citer que quelques uns des plus récents.

photo de Chris Watson pour touchradio

Addition fascinante à un catalogue déjà fort bien rempli, ces pièces témoignent d’un glissement sensible dans les modes d’écoute. Souvent constituées de pièces sensibles, fragiles, réclamant une écoute attentive, de préférence au casque, cette série est typique d’une forme d’écoute liée à l’internet, non dans le sens du téléchargement de morceaux, mais dans une relation sur la durée, de travail sur la patience. C’est en ce sens que la parallèle avec la radio dans le terme « Touchradio » est excessivement bien choisi. Les pièces de Chris Watson, par exemple, ont une qualité excessivement radiophonique, entre le reportage, la fiction, et la création purement sonore.