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Fétichisme rétrofuturiste – Ursula Bogner et Retromania

Posted in chronique, experimental, musique, outsider music, pop culture, portrait with tags , , , , , , , , , , , , on janvier 21, 2012 by noreille

Beaucoup de musiques électroniques se sont fondées sur le principe qu’elles représentaient l’avenir, qu’elles en seraient la bande-son. Des avant-gardes au space-age, l’électronique accompagnait un mouvement plus large, un pronostic futurologique, qui anticipait de grands bouleversements non seulement dans les domaines de l’art, mais aussi et surtout dans la vie de l’homme. Elle illustrait la marche du progrès, et ses partisans avaient l’exaltation des bâtisseurs, la fièvre des explorateurs.

Imaginer la musique du futur, aujourd’hui, en tant que créateur ou que consommateur, revient à chercher une musique possédant un tel potentiel futuriste, et de telles capacités non pas forcément à durer, mais à donner l’impression d’annoncer quelque chose. Mais cette recherche se heurte de nos jours au mur que constitue la présence du passé, et l’accumulation d’influences de ce passé, qu’il convient souvent d’affronter, plus que de le poursuivre.

S’opposent ainsi aujourd’hui un passé proche, constitué de micro-variations qui créent de nouveaux micro-genres immédiatement datés, bientôt rejetés, puis déterrés pour être recyclés, composant un continuum qu’il n’est plus question de dépasser, mais d’assumer tant bien que mal, et un passé plus lointain, chargé de promesses non tenues, une forme d’âge d’or, canonisé, présageant d’un avenir jamais réellement réalisé, mais d’ores et déjà gravé dans le marbre. Un futur à jamais.

C’est le phénomène  que décrit Simon Reynolds dans son livre Retromania  lorsqu’il parle d’un « arrested futurism » , un futur stoppé net dans son développement, et réduit à un ensemble d’idées fixes, quasi intemporelles . Dans cet ouvrage qui explore, comme le dit le sous-titre, l’obsession de la culture pop pour son propre passé, un chapitre est consacré à la nostalgie pour les origines de la musique électronique, pour les pionniers et pour leurs étranges et fascinantes machines. Un nouveau fétichisme qui se souvient d’une époque où tout était à inventer, une nouvelle frontière, un far-west musical à conquérir. Il s’agissait alors de défricher une terre vierge, sans la moindre indication quand à la voie à suivre, tout était alors à inventer.

Avoir aujourd’hui l’ambition de composer la musique du futur reviendrait à s’opposer à la marche du temps, qui fixe à présent immédiatement, et d’autant plus vite chaque jour, toute innovation dans le risque du déjà-entendu, de l’arrivée en retard sur l’actualité, et déjà enterrée par celle-ci, classé, généralement sans suite. Sans doute l’idée de faire une musique actuelle, pertinente dans l’enceinte temporelle limitée de son époque, devrait pouvoir être un mérite suffisant, mais certaines musiques se trouvent malgré elles embarquées dans une spirale infernale à la recherche d’une illusoire nouveauté à tout pris, d’un pari sur l’avenir vaincu d’avance. Là encore, une solution est d’oublier le problème et de se consacrer à une musique dont le devoir ne serait pas d’aller de l’avant, et d’accepter le conservatisme des niches musicales (du classique au punk-rock, du néo-ceci au néo-cela) ou le détachement des musiques traditionnelles. Une autre est d’essayer tout de même et de faire face aux doutes et aux critiques, de tenter sa chance avec l’actualité autant qu’avec la postérité. Une autre encore est aujourd’hui d’embrasser le culte du rétro et se plonger dans l’œuvre des précurseurs, afin de chercher le futur là où il est resté, dans les espérances des ancêtres, des anciens, qui ont connu l’époque héroïque où il était possible d’être novateur.

 

Ainsi de l’œuvre d’Ursula Bogner, une « trop belle histoire » qui accompagne une série de pièces électroniques d’un avant-gardisme radical pour son époque qu’aurait composé durant ses rares temps libres une pharmacienne de  Dortmund au début des années 1970, après quelques années passées à suivre les activités du ‘Studio für elektronische Musik’ de Cologne, à suivre les séminaires organisés par son fondateur Herbert Eimert, et à s’intéresser à la Musique Concrète développée en France à la même époque. Sauvées de l’oubli par Jan Jelinek qui les publia sur son label Faitiche, ce sont ainsi des dizaines de bandes qui auraient été découvertes couvrant une période allant du début des années 1970 à la fin des années 1980. Car Ursula Bogner est elle-aussi une rétro-futuriste, une nostalgique, sa musique, ses instruments et sa méthode de travail étaient déjà alors d’un autre âge, pointant vers la grande époque du BBC Radiophonic Workshop, des studios allemands des années 1960, ou d’excentriques nord-américains comme Bruce Haack ou Raymond Scott, plutôt que de la musique électronique de son temps. Elle évoque étrangement une version allemande de Ghost Box, une transmission musicale à travers le temps, un message d’un au-delà hertzien à mi-chemin entre l’avant-garde électronique et un radio-art populaire. On y ressent la joie paradoxale de travailler avec un matériel primitif (selon nos standards actuels, post-analogues) et d’en apprécier les limitations.

La musique numérique a en effet une violente tendance à faire croire que tout lui est possible, qu’elle peut tout faire, et ne réussit quelque fois qu’à provoquer un sentiment de chute libre, à suffoquer de tant d’espace. Ce que permet ce rétro-futurisme, et qui a déjà été longuement expliqué à propos de l’hauntology, est un retour non pas à une époque donnée, ni à une avant-garde formelle, mais à son esprit, à ses espérances, à son caractère d’utopie. Elle offre un cadre, avec à la fois des limites immédiates et des perspectives infinies. De la même manière qu’on a souvent cité le « Choc du futur » d’Alvin Toffler, ou sa suite « La Troisième vague»,  qui analysaient les transformations et les accélérations que l’on pouvait pronostiquer dans le futur de son temps, comme influence sur la naissance de la techno à Détroit, c’est le sentiment de progrès, ou tout simplement de changement, qu’on cherche ici à retrouver. Même si ces deux livres ne sont pas forcément optimistes, parlant des dangers de la surcharge d’information, du rythme parfois trop rapide des évolutions technologiques et sociales, ils mettaient en avant la possibilité de bouleversements révolutionnaires qui contrastent de manière séduisante avec la sensation de stagnation, ou de paralysie, que d’aucun ressentent à présent. Comparé avec l’époque actuelle de recyclage perpétuel et de micro-variations toujours plus anecdotiques, les espaces en friches des époques pionnières semblaient renfermer des promesses infinies, des raisons de s’enthousiasmer pour le futur, et surtout l’espérance de dépasser le présent.

Revenir, fut-ce en pensée, à ce temps inaugural, à ce mouvement de commencement, dont on connaît pourtant aujourd’hui les prolongements, et quelques fois la faillite, est une manière de retrouver non seulement cette fraîcheur, mais surtout cette euphorie utopiste. Cette démarche peut au pire sembler être une manière de s’illusionner, de s’auto-motiver, ou bien être une manière de se lamenter de manière critique des déroutes, des trahisons, des échecs, de cet élan premier. Elle répond également à l’angoisse de se trouver dans ce que Reynolds appelle une après-garde, c’est-à-dire quelque chose qui n’est pas une arrière-garde, finie ou laissée pour compte, mais qui n’est plus non plus une avant-garde. Passé un court moment héroïque, il n’y a plus qu’une longue période prolongation, de confirmation. Car même si comme le disait Brian Eno, l’innovation n’intervient que pour une fraction minime dans le travail d’un artiste (par rapport au travail concret ou à son apprentissage), il reste chez beaucoup d’entre eux, et auprès d’une partie du public, l’espoir de découvrir quelque chose de vraiment nouveau, de participer à un mouvement pour lequel le changement n’est pas micro mais macro, une avancée radicale, dont les prémisses marqueront toujours plus que la continuation.

La musique d’Ursula Bogner est publiée sur le label Faitiche dirigé par Jan Jelinek. L’album Sonne=Blackbox est écoutable ICI.

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Tout à fait incidemment, mais c’est l’occasion, il me faut signaler la très belle réédition de plusieurs pièces de Daphne Oram, fondatrice du BBC Radiophonic Workshop, inventeuse du système Oramics, et compositrice. Publiées par le label Young Americans sous la forme d’un quadruple vinyle (pour la première partie), et intitulé The Daphne Oram Tapes, c’est l’exemple parfait d’un musicienne pionnière, dans une époque où tout était à faire, inventant sur les bases toutes neuves de la musique concrète, une nouvelle forme musicale et radiophonique. A la fois plus étrange et plus cohérent que la précédente anthologie qui lui était consacrée (Oramics), cette sélection montre une face beaucoup plus complexe, plus insolite, et généralement passionnante de la musicienne.

La BBC a réalisé un très beau reportage sur le BBC Radiophonic Workshop et ses compositeurs (et surtout compositrices) originaux, Daphné Oram, Delia Derbyshire, John Baker, David Cain, Ray Cathode, etc.. Il s’intitule The alchimists of sound. En voici la première partie:

larry wild man fisher

Posted in outsider music, portrait with tags , , , , on juin 12, 2007 by noreille

Lorsqu’il ne chante pas, il semblerait que chaque moment de la vie de Larry Fischer soit d’une difficulté insurmontable. Il apparaîtrait même qu’en dehors de ces quelques moments de création sauvage, sa vie ne soit que souffrance et confusion. Et pourtant, tous les deux jours environ, Larry Fischer décide de quitter le monde du show-business. Il donne pour cette décision de bonnes raisons, entre autres le fait que la CIA et Frank Zappa se sont associés pour mettre sa tête à prix et envoyer à ses trousses des hélicoptères remplis de mercenaires. Né en 1945, Larry Fischer a passé une grande partie de sa vie à fuir des menaces imaginées comme celle-ci, et à désespérer les quelques personnes qui voulaient lui venir en aide. La vie trépidante de Larry Fischer, maniaco-dépressif, schizophrène et paranoïaque clinique, est telle qu’on peut l’imaginer, en dents de scie dans le meilleur des cas. Il est renvoyé de l’école parce qu’incapable de s’empêcher de chanter en classe, envoyé une première fois à l’asile par ses parents, ne sachant plus que faire de lui, libéré puis renvoyé à nouveau après avoir attaqué sa mère avec un couteau de cuisine. Ses séquences paranoïaques lui font rejeter ses amis les uns après les autres et les accepter à nouveau dès l’accès de colère passé. Il passe ainsi de l’amitié la plus sincère à de terribles scènes d’accusation et, parallèlement, de l’enthousiasme le plus exalté à des délires de persécution. Il se représente le monde entier, et surtout l’industrie de la musique, comme rempli de menteurs et de voleurs (Liar & Thief, Don’t Be a Singer.) Et qui pourrait lui prouver le contraire? Sur la jaquette de l’album An Evening With Wild Man Fischer qu’il produisit, Frank Zappa dit de lui : « Wild Man Fischer est une personne réelle qui vit à Hollywood. Enfant, il était très timide. Il n’avait pas d’amis. Un jour, il décida de devenir un peu plus agressif. Il écrivit ses propres chansons et les chanta aux gens qu’il rencontrait en leur expliquant qu’il n’était plus timide désormais. Tous le prirent pour un fou. Sa mère le fit deux fois enfermer dans un hôpital psychiatrique. (…) Attendez plusieurs écoutes avant de décider si vous aimez ce type ou non. Il a quelque chose à vous dire, que vous vouliez l’entendre ou non. » Le portrait-documentaire qu’en a réalisé Josh Rubin en 2005 : Derailroaded est peut-être la meilleure introduction à sa vie et son œuvre. C’est peut-être aussi un des reportages musicaux les plus émouvants qui soit. On y voit un homme entièrement immergé dans son propre délire, jusqu’à la noyade.
Selon la légende, c’est donc Frank Zappa qui découvrit l’homme sauvage. À cette époque (vers 1968) Larry Fischer était un musicien de rue, un excentrique qui avait ses habitudes sur les trottoirs du Sunset Strip d’Hollywood et se produisait dans tous les talent-shows de la région. Zappa décide sur un coup de tête de produire un album de ce qui lui semble être un des musiciens et des chanteurs les plus originaux de son temps et le plus digne de figurer sur son nouveau label Bizarre. L’album deviendra un double album de chansons inqualifiables (c’est à dire impossibles à qualifier, à ranger, comme à juger) mêlant histoires autobiographiques, monologues et chansons exaltées, mélanges de chansons d’enfant (Merry-Go-Round) et de ballades pop décalées. Un album qui sera reçu à l’époque par un grand mouvement d’incompréhension, les uns criant à la provocation facile, les autres à l’exploitation. Peu de gens saisiront le talent et la sincérité de Fischer et mettront cet album sur le compte d’une lubie stupide de Zappa, voire d’une mauvaise blague. La collaboration entre les deux hommes tournera rapidement court, après une sombre question de royalties selon les uns et, selon d’autres, après que les crises de violence de Fischer aient commencé à mettre en danger l’entourage de Zappa et surtout ses enfants. Fischer ne pardonnera jamais à Zappa, qui deviendra pour lui une figure démoniaque récurrente, réapparaissant à intervalles irréguliers dans sa vie (même si Zappa décida alors de ne plus jamais revoir Fischer) et dans ses chansons (Frank sur l’album Pronounced Normal.)
Sa deuxième chance viendra de Rhino Records, un magasin de disques de Los Angeles, où Larry Fischer avait l’habitude de traîner jusqu’au jour où un membre du personnel le reconnaîtra. Fischer, fier, heureux et reconnaissant, s’empressera de composer une chanson en l’honneur du magasin qui en fera sa première sortie discographique (« Go to Rhino Records »), un 45T qu’ils distribueront à leurs clients fidèles dans un premier temps, avant de se décider à le vendre ensuite. Il sera suivi en 1977 d’un album entier: Wildmania, premier album du label. Il faudra ensuite attendre 1981 pour que Fischer enregistre son troisième album Pronounced Normal, toujours chez Rhino Records, un album enregistré avec la complicité du duo de producteurs-musiciens Barnes & Barnes, qui produiront également l’album suivant : Nothing Scary en 1984. Il chantera également avec Rosemary Cloney et Smegma.
Une discographie assez succincte (quatre albums en seize ans, et toujours rien depuis) qui apportera néanmoins à Larry Fischer un public de fans extrêmement fidèle. Il reste aujourd’hui un personnage et un artiste sans commune mesure, ayant construit de toutes pièces un style vocal unique, mélange de chant à tue-tête entrecoupé de ruptures soudaines et d’effets sonores étranges (claquements de langue, onomatopées, etc.) Il s’accompagne quelquefois d’une guitare qui semble étrangement jouer
un morceau différent de celui qu’il chante. Ses textes, généralement autobiographiques, et comme on peut le deviner généralement assez dépressifs (« In the year of 1963, I was committed to a mental institution ! » dans The Story of Wild Man Fischer, « My mother hates me /My sister despises me /My brother-in-law – shwiiit ! – likes to throw darts at me » dans I’m working for the Federal Bureau of Narcotics), sont transfigurés par la fougue de son interprétation, et de tristes complaintes en deviennent des chansons à reprendre en chœur, ce qu’il ne manque pas d’exiger lors de ses rares apparitions publiques. Et comment lui résister…?

C’mon let’s merry go, merry go, merry go round! Boop boop boop !
Merry go, merry go, merry go round! Boop boop boop !
Merry go, merry go, merry go round! Boop boop boop !
Me and you can go merry go round !
It’s very easy, just go up and down !
C’mon, c’mon let’s merry go, merry go, merry go round! Boop boop boop !
Merry go, merry go, merry go round! Boop boop boop !
Merry go, merry go, merry go round! Boop boop boop !
(…)

Mary taught me to go merry go round !
We’re all going merry go round !
C’mon, c’mon let’s merry go, merry go, merry go round! Boop boop boop !
Merry go, merry go, merry go round! Boop boop boop !
Merry go, merry go, merry go round !
say let’s merry go, merry go, merry go round !
say let’s merry go, merry go, merry go…
Benoît Deuxant


Discographie
– Nothing ScaryXF387P
Pronounced NormalXF387O
WildmaniaXF387Q

Le premier album de Larry Fischer, An evening with Wild Man Fisher produit par Frank Zappa en 1968, n’est hélas toujours pas réédité.

« Derailroaded – Inside the Mind of Larry « Wild Man » Fischer » : Josh RUBIN
(États-Unis, 86’, coul., 2005)
TB2422 (DVD)

Only in America II

Posted in chronique, outsider music with tags , , , on juin 12, 2007 by noreille

ONLY IN AMERICA, VOLUME 2 – X 649V

ARF! ARF!, 2006.

ANTHOLOGIES GENERALES

Deuxième volume de cette anthologie de la bizarrerie, Only in America est une collection de disques rares, obscurs et, en règle générale, uniques en leur genre. Dans la lignée d’autres compilations comme les excellentes Incredibly Strange Music de Re/search, ou Songs in the Key of Z d’Irwin Chusid, le collectionneur et raconteur Erik Lindgren se concentre ici sur un aspect bien particulier de l’«Outsider Music». Les gens rassemblés ici ne sont ni des psychopathes ni des marginaux, ce sont des gens ordinaires, dont la normalité serait presque banale si elle ne dissimulait un jardin secret. Derrière la façade se cache une arrière-cour remplie d’obsessions étranges, de discours aussi passionnés qu’incohérents, de lubies et surtout de velléités artistiques. Car tous ces gens normaux ont franchi le pas et sont un jour passé à l’acte en immortalisant leurs marottes, leurs manies et leurs phobies en les couchant sur vinyle. Car dans la plupart des cas, il s’agit plus d’une réelle profession de foi que d’un simple hobby musical. Remplaçant le moindre talent pour la composition ou l’interprétation par une énorme dose d’énergie et de conviction, les divers artistes présentés ici nous content leur amour pour les chiens de compagnie, les chants d’oiseaux, leur approbation des brutalités policières, leur goût ou leur dégoût pour les drogues, les hippies, les jeunes, les insectes…
Si ces artistes ont quelque chose de typiquement américain, comme le vante le titre de l’anthologie, il s’agit de la facilité avec laquelle on pouvait aux États-Unis, dans les années 60 et 70 (voire bien avant comme le montre le film O Brother, Where Art Thou?), enregistrer à compte d’auteur (mais à bas prix) le disque qui allait lancer une carrière, ou devenir l’œuvre d’une vie, la déclaration finale et définitive d’une vision artistique. L’«Amérique, pays des braves et nation des free-entrepreneurs» comme le rappelle le livret, a ainsi encouragé la production et la publication de tout et n’importe quoi, c’est-à-dire des merveilles et des trésors pour toute personne ayant le flair (et le goût) de reconnaître dans ces vignettes condamnées aux poubelles de l’histoire l’expression unique d’une voie qui (quelquefois heureusement) ne sera jamais suivie. Si la plupart des morceaux n’ont dû leur vie qu’à un vrai miracle, tant il était évident qu’ils n’auraient jamais pu exister dans un monde normal (et triste), cette anthologie prouve que, en marge des sentiers rebattus de la production musicale conventionnelle, tout peut encore arriver et que nous ne sommes pas au bout de nos surprises.
(BD)