Eliane Radigue – Feedback Works 1969-1970

Image

Après le label Important, Alga Marghen poursuit l’exploration des débuts en musique d’Eliane Radigue. Entamée en 2010 avec la publication de Jouet Electronique/Elemental I, cette entreprise de réédition s’attaque à présent aux installations sonores réalisée par la musicienne entre 1969 et 1970. Ces pièces jusqu’ici inédites sont assez proches stylistiquement de ses autres œuvres datant de la même période, c’est à dire avant la découverte par Éliane Radigue de son instrument fétiche, le synthétiseur ARP 2500. Avant cette rencontre, sa technique se basait sur un usage radical du feedback, de la réverbération, une démarche qui lui permettait, avec des moyens très simples (un micro, des haut-parleurs, une table de mixage et quelques enregistreurs à bande donnés par Pierre Henry, son patron au Studio d’Essai de la R.T.F), de se lancer dans une étude approfondie des sons continus, statiques, presque en suspension, qu’elle allait utiliser durant toute sa carrière. Ses premières réalisations, pré-électronique, ont le charme de leur simplicité, de leur immédiateté. Elles témoignent d’une démarche contemplative, retrace une découverte, presque une révélation. Une fascination pour ce temps ralenti à l’extrême, presque immobile mais toujours en mouvement, qui caractérise aujourd’hui encore toute l’œuvre d’Éliane Radigue, que ce temps soit interprété de manière acoustique, sur instruments, comme dans ses travaux les plus récents, de manière électronique, ou encore, comme alors, sur bande magnétique. Ce travail sur bande magnétique a non seulement inspiré la production de pièces basées sur le feedback, mais aussi leur exécution. Conçues pour être diffusées comme des installations sonores, un concept tout nouveau pour l’époque, elles se présentent, matériellement, sous la forme de plusieurs bandes contenant des fragments de compositions, qui ne prennent leur sens que lorsqu’elles sont jouées simultanément, leurs contenus superposés, les différentes durées des bandes assurant une combinaison aléatoire, renouvelée à chaque fois, une technique de chevauchement comparable aux déphasages de Steve Reich, qui magnifie les infinitésimales modulations ondulatoires du feedback, la physicalité des vibrations. Pour la réédition de ces trois pièces, “Stress Osaka”,“Omnht“ et “Usral”, une version stéréo a été réalisée par Emmanuel Holterbach à partir des bobines et des boucles originales. (BD)

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :