Atom ™ – HD

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Fidèle à la logique de sa carrière labyrinthique, parsemée de détours et de méandres, Uwe Schmidt poursuit la série entamée il y a quatre ans sur le label Raster-noton (Liedgut, Winterreise) par un album qui n’a que peu à voir avec ses prédécesseurs. Là où on croyait percevoir le début d’une systématique dans son hommage d’exilé à l’ « âme germanique » et à la musique des grands compositeurs allemands –Schubert et Kraftwerk – et décrypter la cohérence étrange de son œuvre, il nous revient avec un nouveau disque qui se veut une de ses productions les plus pop. Bien sûr en marge de cette série sur Raster-noton, le même Schmidt avait publié, sur d’autres labels, et sous d’autres noms, plus d’une dizaine de sorties abordant des genres aussi éloignés les uns des autres que de cette série germanique, mais le voir choisir Raster-noton pour ce HD est une relative surprise. Le disque est en effet une excursion désarmante dans le domaine de la musique la plus populaire, de la chanson pop, sans l’ombre d’une ironie ; il est animé de la candeur dont il avait déjà fait montre lors de sa précédente tentative, en 1998 (sous le nom de LB, pour Lassigue Bendthaus), de s’aventurer sur le terrain de la Pop Artificielle. Bien sûr la simplicité et la limpidité qui est la marque d’une chanson pop réussie, et qui requiert un savoir-faire considérable, est ici le résultat d’assemblages numériques minutieux, et la palette sonore en est entièrement synthétique, grinçante et crépitante. Mais l’ensemble donne une impression de facilité et de fluidité tant le travail méticuleux de reconstruction, d’émulation, de la pop, auquel se livre Atom ™ sait se dissimuler derrière une brillance, un éclat et un groove plus vrai que nature. Il faut chercher jusque dans le détail des textures, la mesure des syncopes, pour se rendre compte que rien n’a ici été laissé au hasard, jusque dans le choix des rares invités (Jamie Liddel par exemple) ou des reprises (« My Generation » des Who, et plusieurs allusions fines, ou moins fines, ici à Kraftwerk, là The Normal). Mais comme rien n’est assez complexe pour Schmidt, il a par ailleurs décidé de faire de ce disque un manifeste contre la « pop impérialiste » et a pimenté ses textes de saillies contre tous les « Gaga, Gomez ou Timberlake » du monde, et se réjouit de la fin prochaine de MTV, et de la machinerie médiatique capitaliste, détruite par l’internet et le MP3. Parfois abrupt dans ses textes les plus revendicateurs, il devient par contre aérien lorsqu’il parle de son vrai sujet, son amour du courant électrique et des sons de synthèse.

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