How to wreck a nice beach – Dave Tomkins

Bien sûr comme le disait je ne sais plus qui, il est écrit « culte » sur ce livre, et il devrait trouver son public assez facilement. Il faut dire que c’est, à ma connaissance le premier livre consacré au vocoder, et que les amateurs de cet instrument étrange vont, comme moi, sauter de joie. Mais après lecture, je crois pouvoir dire que le livre devrait se trouver d’autres publics encore, qui seraient intéressés par des sujets aussi variés que l’histoire du hiphop, de la techno, l’évolution de la musique électronique ou encore de la technologie militaire et de la cryptographie. En effet Dave Tomkins commence par le commencement, et retrace les origines du vocoder, bien avant qu’il ne soit ce qu’on connaît aujourd’hui, un synthétiseur permettant de modifier sa voix et de parler avec un accent martien, et qu’il était une interface de « brouillage » utilisée par les états-majors et les chefs d’état durant la seconde guerre mondiale, pour communiquer sur des lignes sécurisées, inintelligibles pour l’extérieur. Cette version sonore des célèbres machines à code comme Enigma ou Lorenz du coté allemand, ou la Bombe et Colossus côté alliés permettait d’échanger quelques mots, transformés en bouillie sonore pour la transmission et restitués correctement de l’autre côté. Enfin, presque correctement, le résultat ayant au final assez peu de ressemblance avec la voix originale, ce qui nuisit gravement à la popularité de ces machines auprès des militaires et des politiques, qui refusaient de « recevoir des ordres d’une machine », même si elle prétendait s’appeler Winston Churchill. Quelques années plus tard, et quelques épisodes plus loin, on peut entendre les descendants de ces machines prononcer « autobaaaahn » sur un album de Kraftwerk, ou annoncer qu’il n’y aura pas d’arrêt sur la « planet rock » d’Afrika Bambaata et son Soul Sonic Force.

Outre la traque obsessionnelle qu’il raconte, de centres de recherches électroniques militaires américains en laboratoires médicaux allemands de synthèse vocale,  jusqu’aux caves du Bronx, et les surprises au passage (pourquoi ELO a-t’il vendu son vocoder? que faisait Holger Czukay sur ces patins à roulettes? qu’est-il passé par la tête de Neil Young quand il a décidé de faire un album au vocoder?) Tomkins raconte avec délices les coïncidences qui ont fait découvrir la machine à des musiciens aussi divers, et les recherches désespérées que certains d’entre eux ont du faire pour s’en procurer une.

Pour ceux qui apprécient ces concours de circonstances qui ont changé le cours de la musique, le livre est une mine d’anecdotes et surtout un survol particulièrement éclaté de la musique électronique de ces 50 dernières années.

Parmi les parcours bizarres dont il fourmille, on trouve par exemple le lien étrange qui unit Sun Ra aux New kids on the block, par l’intermédiaire du Jonzun Crew.


Avant ou après lecture, vous pouvez aussi trouver un supplément d’infos sur le site du livre.

2 Réponses to “How to wreck a nice beach – Dave Tomkins”

  1. Je pense que ce livre va se rajouter à ma longue liste de livres à lire !

  2. … et y ajouter une longue liste de disques à écouter :-)

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