Archive pour septembre, 2009

Le grand silence – Sergio Corbucci

Posted in chronique, cinema with tags , , , , , , , on septembre 15, 2009 by noreille

Quelques images tirée d’Il Grande Silencio, western spaghetti de Sergio Corbucci, filmé en 1968 avec un casting surprenant. On y trouve dans les rôles principaux Klaus Kinski et Jean-Louis Trintignant, muet d’un bout  à l’autre du film. Le film se démarque du western traditionnel à bien des égards, et prend une série de libertés avec le genre, même au sein de la vision italienne du western, miroir adulte du style classique d’origine. Située dans les neiges de l’Utah, reproduites en studio à coup de mousse à raser et de brouillard artificiel, l’action prend un rythme cotonneux, uniquement rythmée par une succession de massacres.

Film polémique, aux sous-entendus politiques, il s’agit probablement du film le plus sombre, le plus noir du genre. Il n’est égalé dans sa brutalité et son pessimisme que par les plus glaçants des gialli italiens ou par l’ultraviolence japonaise, celle d’un Seijun Suzuki par exemple. Il joue avec tous les clichés du genre, les poussant jusqu’à leur point-limite, mais s’arrêtant juste au point où l’emphase pourrait devenir grandiloquence, et la solennité tourner au ridicule. Trintignant ne se tait pas par grandeur hautaine, comme la plupart des héros de western mais parce qu’il est vraiment muet. Kinski est un  grand villain, souriant et affable, la cruauté lui semble naturelle, dépourvue de méchanceté. D’ailleurs il a la loi pour lui, une loi qui dit: « la justice ne peut que constater les faits, le tout c’est de tirer le premier »

L’archétype du western est bien sûr le duel, la confrontation, et Corbucci prend l’idée au pied de le lettre, construisant tout son film comme une série de face à face, réels ou différés, et comme une succession d’échanges de regards. Chaque plan serré est l’illustration d’un regard: regard en coin, observation furtive, regards fuyants ou défiants, regards de haine, de mépris, d’amour, de peur; l’essentiel de l’intrigue passe par les yeux, un coup d’oeil entraîne une vision, la vue d’un homme entraîne une réaction, on se jauge, se fusille du regard, s’observe, se reconnait puis s’entretue.






Glitterbug – Derek Jarman (suite)

Posted in cinema, experimental with tags , on septembre 2, 2009 by noreille

James Mackay, qui a produit quelques-uns des films de Derek Jarman (comme The Garden ou Blue), et a co-réalisé le film Glitterbug, est interviewé sur le site de la Tate Britain. Il revient sur les travaux expérimentaux en films Super-8 que Derek Jarman a réalisé à partir des années septante, et sur leur importance pour la carrière du réalisateur, et pour l’évolution du cinéma en général. Une infime partie de ces archives a été publiée, dont Glitterbug et les courts-métrages qui l’accompagnent.

Glitterbug – Derek Jarman

Posted in cinema, experimental, pop culture with tags , , , , , , , , , on septembre 1, 2009 by noreille

Glitterbug est un film posthume de Derek Jarman, produit par James Mackay sur les instructions de Jarman, et présenté accompagné d’une bande-son de Brian Eno. Ce n’est pas à proprement parler un film mais un collage de vingt ans de super-8 tournés en marge de ses films, entre 1970 et 1986. Fragments intimes, expérimentations, coulisses de tournage, des centaines de bobines sur lequelles Jarman fixe ses amis, sa vie, ses amants, ses acteurs, son actrice.  Glitterbug se regarde comme un film de famille. Ou plutôt non, comme un album de famille, qu’on feuillette, qu’on oublie, auquel on revient, sur lequel on ne s’arrête qu’un instant. Sans doute ce film s’adresse-t’il avant tout aux fans de Jarman, ou aux fans de cette époque. Il nous montre Jarman lui-même et son cercle d’amis, on y croise tout le monde, on y fait des rencontres, des retrouvailles. William Burroughs sort d’un taxi, Genesis P-Orridge passait par là. Tilda Swinton était en vacances dans le coin, tous les prétextes sont bons pour sortir la caméra et faire des images, juste de belles images …

tilda swinton