Haackula

Un album à part dans la discographie d’un musicien à part, Haackula est un disque étrange pour plusieurs raisons. Comme Raymond Scott avec qui il a un temps travaillé, Bruce Haack, l’auteur, est généralement reconnu pour ses musiques pour enfants, et ses recherches expérimentales sur les instruments électroniques. Il possède toutefois également une autre carrière, de musicien pour adulte cette fois, qui nous a déjà donné  » Electric Lucifer  » et  » Electric Lucifer II ». Il y développait une face plus psychédélique, plus engagée aussi (le concept de l’album  » Electric Lucifer  » tourne autour d’une utopie pacifiste, en opposition avec la guerre du Vietnam), et quelquefois légèrement plus inquiétante. L’électronique primitive, la nouveauté des effets synthétiques et des voix robotiques, associée aux thématiques futuristes de Haack font de ces deux disques des petites merveilles de bizarrerie, en plus d’en faire des précurseurs à la fois de l’électro, de la techno (le film qui lui sera consacré en 2004 s’intitulera Haack: The King of Techno) ou de franc-tireurs comme les Residents. Immédiatement rentré dès sa redécouverte dans le panthéon des pionniers légendaires de la musique électronique aux côtés de Robert Moog, de Raymond Scott ou du BBC Radiophonic Workshop, Bruce Haack possède une discographie impressionnante qui est aujourd’hui réédité au compte-gouttes. C’est enfin le cas de ce  » Haackula « , enregistré en 1978, et jamais encore publié. Les bandes furent en leur temps refusées par le label qui devait les publier, qui fit machine arrière devant le contenu jugé  » offensant  » des textes. Ecrit dans un style sombre et hargneux sans aucun rapport avec le ton plutôt idéaliste de ses oeuvres précédentes,  » Haackula  » fut mis au frigo pendant trente ans (une partie des plages referont surface en 1981 sur l’album  » Bite « ). Bruce Haack règle ici ses comptes avec la société, l’Amérique, les gens qui n’aiment pas sa musique, le ton est cynique, dénonciateur, et le langage plutôt vert pour l’époque. Formant un contraste intéressant avec ces textes, la musique, elle, est pop, sautillante, tirant le meilleur parti des sons bizarroïdes sortis des instruments biscornus créés par Haack. On trouve sur Youtube quelques extraits du film Haack: The King of Techno, réalisé en 2004 par Philip Anagnos.

Une Réponse to “Haackula”

  1. Mademoiselle Catherine Says:

    « Mean old devil » de Bruce Haack a été l’une de mes grosses claques musicales ! A la première écoute, j’étais juste écroulée de rire, mais quand j’ai appris que ça datait de la fin des années 70, mon fou rire s’est transformé en profond respect pour le bonhomme.

    J’ai hâte d’écouter « Haackula »… d’ailleurs, je vois à l’instant qu’il est disponible à La Médiathèque de Liège. Je cours, je vole, j’y suis !

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