Kamehameha!

Mercredi 11 juin, c’est aujourd’hui Kamehameha Day à Hawaii.

Cette fête nationale honore la mémoire de Kamehameha le Grand, premier roi d’Hawaii qui unifia les différentes iles hawaiiennes, Niʻihau, Kauaʻi, Oʻahu, Molokaʻi, Lānaʻi, Kahoʻolawe, Maui et Hawaiʻi, en un seul royaume. Il fut nommé le Napoléon du Pacifique pour ses talents de stratège et de diplomate.

On raconte que lorsque Kekuiapoiwa, sa mère, était enceinte, elle fut prise d’une fringale pour les yeux d’un chef, mais qu’à la place, on lui donna des yeux de requins à manger. Les prêtres prédirent alors que cette fringale signifiait que l’enfant serait un rebelle, tueur de chefs. Alapainui, qui régnait à cette époque sur Hawaii, projeta de faire tuer l’enfant. Sa mère parvint à le cacher chez Naeole, un autre chef, qui le protégea et le cacha dans le village d’Awini. Lorsque l’enfant eu cinq ans, il fut enfin accepté par Alapainui, qui avait fait une croix sur cette prophétie.

On raconte que l’enfant ne riait jamais, et ainsi on le nomma Kamehameha (le solitaire). Il passa son enfance à se familiariser avec la complexité du système des tabous qui régissait la société hawaiienne. On ne pouvait construire un canoe, ou cultiver un champs, sans que ne soit organisé les cérémonies rituelles. Il était interdit, sous peine de mort, aux hommes et aux femmes de manger ensemble, et aux gens du peuple de laisser leur ombre tomber sur un chef.

Après avoir défait quelques uns de ses oncles, cousins et autres chefs (et mangé quelques uns d’entre eux comme le voulait la coutume), il se lança dans une campagne de réformes qui transformèrent Hawaii en Royaume moderne selon les standards de l’époque. Il rédigea la première constitution d’Hawaii, et un code civil, qui interdisait notamment le massacre des non-combattants, lors des conflits, et abolissait les sacrifices humains, sauvant des milliers de vies dans les deux cas. Il fut toutefois l’un des derniers défenseurs de la vieille Religion Hawaiienne et de ses traditions, et s’il établit de nombreux contacts avec les chrétiens (français, anglais, américains…) , il semble qu’il n’ait jamais pu prendre leur religion au sérieux.

A sa mort, en mai 1819, son corps fut caché par sa femme Keopuolani et son fidèle ami Hoapili. Il n’a jamais été retrouvé.

Si Hawaii est entre temps devenu une colonie américaine (déguisé en « état de l’union ») et s’est fortement assagi, on peut encore trouver un écho de ces temps rudes et héroïques dans la poésie épique hawaiienne. JVC a ainsi publié il y a quelques années un CD survolant le répertoire lyrique et les chants de guerre hawaiien. Interprété par Kumu Hula John Keola Lake et l’ensemble Na Wa’a Lalani Kahuna, il offre une vision fort différente de la carte postale traditionnelle. Intitulé « Hawaiian Chant – The Lyrical Poetry Of Hawaii », le disque passe de poèmes épiques en chants de guerre, en passant par des lamentations, en hommage à Kamehameha entre autres.

Il est possible d’en écouter des extraits sur le site de Virgin, qui réédite le disque. (appréciez au passage le changement de pochette, et le retour des vahinés comparativement anorexiques)

Une Réponse to “Kamehameha!”

  1. Mademoiselle Catherine Says:

    J’ai eu peur : en lisant le titre de ton post, j’ai cru que tu allais parler de « Dragon Ball »…

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