Archive pour juin, 2008

hamaYôko – Ygun –n9– CD (E52)

Posted in chronique, experimental with tags , , , , , , , on juin 25, 2008 by noreille

Yôko Higashi est japonaise, musicienne et danseuse. Elle collabore en qualité de vocaliste et de musicienne avec des gens comme Florent Dichampt, Lionel Marchetti, John Hegre ou la violoniste Agathe Max. Elle travaille avec d’autres musiciens en tant que danseuse et chorégraphe, notamment avec Lionel Marchetti. hamaYôko est son nouveau projet musical qu’elle défini comme electro-pop-influencé-par-la-musique-concrète. « Ygun –n9 » est le deuxième album de ce projet, toujours sur l’excellent label entr’acte records, et il poursuit la collaboration avec Lionel Marchetti, qui co-masterise le CD, et avec qui elle travaille sur un nouvel album de musique concrète « Okura 73°N–42°E », ainsi que sur un nouveau hamaYôko.

« Ygun –n9 » est une grande ratatouille de styles et d’influences ; Yôko Higashi y accumule ses différentes formations: chant classique, piano, théâtre Nô, danse Butô, Commedia del arte et même Aïkido pour la pochette…Les plages, scénarios miniatures, mises en scène de théâtre pour l’oreille, passent de pièces électro-acoustiques à des chansons minimalistes, et de fouillis bruitistes à des épures électroniques. Si cette profusion de genres et de climats, non seulement différents, mais souvent opposés, peut sembler exténuante à première écoute, une insistance et une réécoute permet d’isoler les composantes et de découvrir les trésors enfouis dans cette construction touffue, dense, chanson un instant et chaos l’autre. L’aspect visuel, scénique, manque certes pour profiter pleinement de ces compositions théâtrales, dans lesquelles on sent que la production physique, l’implication du corps dans la musique, a autant d’importance que la conception intellectuelle, cérébrale, qui va généralement de pair avec la musique électro-acoustique (à moins qu’elle ne lui soit attribuée à tord.)

Loin d’être une entreprise de séduction, comme le ferait ( excessivement bien, ceci dit ) quelqu’un comme Tujiko Noriko, Yôko Higashi met en avant les aspect les plus abrasifs, les plus extrêmes, les plus acides, les plus malplaisants de ses capacités vocales. Comme dans la danse Butô dont elle est une disciple, c’est par la grimace, l’exagération et la torsion, l’approche à rebrousse-poil, qu’elle s’exprime, et comme dans le Butô, c’est au milieu du chaos et de la destruction que brillent des éclairs de beauté, étranges et quelque peu vénéneux.

Klute

Posted in cinema, complot, paranoia with tags , , , , , , , on juin 20, 2008 by noreille

Dans son livre « La totalité comme complot » (voir les épisodes précédents ici et ici), Fredric Jameson fait du film « Klute » un des trois volets de ce qu’il appelle la « trilogie de la paranoïa » du cinéaste Alan J.Pakula. Une trilogie dont les autres épisodes seraient « A cause d’un Assassinat » en 1974 et « Les Hommes du Président » en 1976. Ces trois films pourtant si différents constituent selon Jameson trois facettes d’une même intrigue. Trilogie de la paranoïa et non du complot, car le film est en effet l’exception dans une longue série de films politiques. Tous les autres ont à voir avec ce que Jameson appelle la thématique politique en tant que « sujet spécifique, associé à Washington ou aux élections ». Un genre dans lequel se rangent également des films comme « Tempète à Washington » d’Otto Preminger, « Point Limite  » de Sydney Lumet, « Bob Roberts » de Tim Robbins, ou même « Dead Zone » de Cronenberg. « Klute » est en comparaison un film « purement » policier, un film noir, basé sur l’histoire d’amour inattendue entre une call-girl de Manhattan, Bree Daniels(Jane Fonda) et un policier de la campagne, John Klute (Donald Sutherland). Parti à la recherche d’un ami disparu, Klute suit la piste de celui-ci jusqu’à la prostituée, dernier contact connu de cet ami.

L’intrigue tourne tout doucement au thriller, au fur et à mesure que l’enquête progresse, et qu’il ne fait plus aucun doute que Daniels est l’objet d’une surveillance particulière, double de celle établie jusque là par Klute. La traque se resserre et se précise pour culminer dans une scène terrifiante, que je ne puis évidemment vous raconter… Il y a complot, c’est indéniable, et tous les ingrédients traditionnels du film de ce type, les écoutes, les filatures, les micros cachés, l’intrigue, le mystère, la trahison et le double-jeu, sont en place. Mais le fond de l’histoire ici, est bien plus « simplement » une affaire « civile », une intrigue policière qu’une conspiration politique. Contrairement aux deux autres volets de la trilogie, ce qui sera révélé au final sera bien trivial, comparé aux conspirations sans visage d' »A cause d’un assassinat » et à la Haute Trahison du Watergate dévoilée par « Les hommes du Président ». Quoique tout aussi dangereux et potentiellement fatal, ce qui se passe ici, bien que relevant du complot est du ressort du domaine privé. La raison pour laquelle Fredric Jameson considère ce film comme faisant partie d’une trilogie le reliant au deux autres, est à trouver en partie dans la disproportion entre les deux milieux, celui de la call-girl Jane Fonda, new-yorkaise, et son demi-monde, et celui du policier de Pennsylvanie, Donald Sutherland, inflexible, à la limite du rigide, (qui se révèle au final, le vrai sentimental du lot). Lire la suite

Un après-midi de chien

Posted in cinema, complot, paranoia with tags , , , , , , , , on juin 13, 2008 by noreille

« Le braquage ne devait durer que dix minutes. Huit heures plus tard, tout le pays est rivé devant sa télé. Et tous les faits sont véridiques. » C’est ainsi que W*** B***, éditeur du DVD résume « Dog Day Afternoon », en français « Un Après-midi de Chien », un film de Sydney Lumet.

Un peu en marge de notre thématique « cinéma du complot », quoique … Le film est une des petites merveilles produites par le cinéma (presque-)indépendant américain des années septante. Attention aux spoilers… droit devant…

Tourné en 1975, ce film n’est pas un film de braquage classique. Contrairement à la plupart des Heist films, on n’assiste pas à la traditionnelle préparation du coup, de la formation de la bande, la recherche des complices idéaux, à la surveillance des lieux, au minutage des rondes, etc… Dès le début du film, on sait que tout va foirer. Le film s’ouvre, après un préambule sur la vague de chaleur sur New York cet été-là, qui donne son titre au film, sur l’arrivée de la bande sur les lieux du crime, une petite succursale de banque, en train de terminer sa journée. Le dernier client (une cliente) sorti, la banque peut fermer, mais les braqueurs qui faisaient la file après elle, ont un pied dans la place et vont pouvoir forcer le personnel à vider les coffres. Excellent script, porté par de non moins excellents acteurs, le film joue moins sur un suspense un peu léger (vont-ils s’en sortir?, oui ou non?) que sur des situations et retournements de situations inattendus, où le casting produit des merveilles, provoquant des étincelles dans les dialogues et des feux d’artifices dans les scènes de bravoure dont est truffé le film. Al Pacino y est sonny, un improbable gangster sentimental, braqueur par amour, écrasé par ses responsabilités; John Cazale, Sal, son complice, timide et taciturne, suicidaire qui n’a jamais pris l’avion.

Cinq minutes après le début du film, le gang se retrouve seul, largué par leur troisième homme, le chauffeur, qui ne résiste pas au trac. Quelques secondes plus tard, le téléphone sonne. C’est la Police, elle est devant la banque, dans l’échope du barbier, le magasin d’en face. Vous êtes cernés, ne faites pas les cons. Le film passe alors très vite dans le registre de la farce tragique. Comme dans une tragédie classique, le sort est déjà jeté et l’intrigue ne sera plus de savoir comment cela finira. En quelques minutes, un choeur (au sens grec du terme, de chorale narrative) s’est rassemblé autour de la banque, badauds, curieux, passants, qui vont prendre parti alternativement pour les uns ou les autres, les bons ou les méchants, les voleurs ou les forces de l’ordre. Sonny va se découvrir une vocation d’entertainer, de communicateur, entraînant la foule à sa suite, à travers ses démêlés avec sa famille ( sa mère, amenée là par la Police pour le raisonner), son amant et ses prises de positions bidon (Dans une scène mémorable, il se ralliera la foule en mentionnant la prison d’Attica, symbole de la brutalité policière américaine, depuis la révolte qui y avait eu lieu en 1971).

Son interlocuteur, le sgt Eugene Moretti, interpreté par l’impeccable Charles Durning, lui donnera la réplique, du ton blasé du vieux flic qui se voit obligé d’expliquer les règles du jeu au truand débutant, amateur et maladroit. Il sait, lui, que des vies sont en jeu, que la prise d’otage finira dans le sang, et que la seule question à régler est de savoir qui versera ce sang, otages, gangsters, policiers ou badauds.

Kamehameha!

Posted in musique traditionnelle with tags , , , , on juin 11, 2008 by noreille

Mercredi 11 juin, c’est aujourd’hui Kamehameha Day à Hawaii.

Cette fête nationale honore la mémoire de Kamehameha le Grand, premier roi d’Hawaii qui unifia les différentes iles hawaiiennes, Niʻihau, Kauaʻi, Oʻahu, Molokaʻi, Lānaʻi, Kahoʻolawe, Maui et Hawaiʻi, en un seul royaume. Il fut nommé le Napoléon du Pacifique pour ses talents de stratège et de diplomate.

On raconte que lorsque Kekuiapoiwa, sa mère, était enceinte, elle fut prise d’une fringale pour les yeux d’un chef, mais qu’à la place, on lui donna des yeux de requins à manger. Les prêtres prédirent alors que cette fringale signifiait que l’enfant serait un rebelle, tueur de chefs. Alapainui, qui régnait à cette époque sur Hawaii, projeta de faire tuer l’enfant. Sa mère parvint à le cacher chez Naeole, un autre chef, qui le protégea et le cacha dans le village d’Awini. Lorsque l’enfant eu cinq ans, il fut enfin accepté par Alapainui, qui avait fait une croix sur cette prophétie.

On raconte que l’enfant ne riait jamais, et ainsi on le nomma Kamehameha (le solitaire). Il passa son enfance à se familiariser avec la complexité du système des tabous qui régissait la société hawaiienne. On ne pouvait construire un canoe, ou cultiver un champs, sans que ne soit organisé les cérémonies rituelles. Il était interdit, sous peine de mort, aux hommes et aux femmes de manger ensemble, et aux gens du peuple de laisser leur ombre tomber sur un chef.

Après avoir défait quelques uns de ses oncles, cousins et autres chefs (et mangé quelques uns d’entre eux comme le voulait la coutume), il se lança dans une campagne de réformes qui transformèrent Hawaii en Royaume moderne selon les standards de l’époque. Il rédigea la première constitution d’Hawaii, et un code civil, qui interdisait notamment le massacre des non-combattants, lors des conflits, et abolissait les sacrifices humains, sauvant des milliers de vies dans les deux cas. Il fut toutefois l’un des derniers défenseurs de la vieille Religion Hawaiienne et de ses traditions, et s’il établit de nombreux contacts avec les chrétiens (français, anglais, américains…) , il semble qu’il n’ait jamais pu prendre leur religion au sérieux.

A sa mort, en mai 1819, son corps fut caché par sa femme Keopuolani et son fidèle ami Hoapili. Il n’a jamais été retrouvé.

Si Hawaii est entre temps devenu une colonie américaine (déguisé en « état de l’union ») et s’est fortement assagi, on peut encore trouver un écho de ces temps rudes et héroïques dans la poésie épique hawaiienne. JVC a ainsi publié il y a quelques années un CD survolant le répertoire lyrique et les chants de guerre hawaiien. Interprété par Kumu Hula John Keola Lake et l’ensemble Na Wa’a Lalani Kahuna, il offre une vision fort différente de la carte postale traditionnelle. Intitulé « Hawaiian Chant – The Lyrical Poetry Of Hawaii », le disque passe de poèmes épiques en chants de guerre, en passant par des lamentations, en hommage à Kamehameha entre autres.

Il est possible d’en écouter des extraits sur le site de Virgin, qui réédite le disque. (appréciez au passage le changement de pochette, et le retour des vahinés comparativement anorexiques)

When good things happen to bad pianos

Posted in chronique, pop, pop culture with tags , , , , on juin 10, 2008 by noreille

Little Annie and Paul Wallfisch – When good things happen to bad pianos

Little Annie est un drôle de personnage, qu’on voit apparaître de ci de là depuis près de 25 ans. Sous ce nom ou sous le nom d’Annie Anxiety Bandez, elle a contribué des vocaux étranges, surréalistes à des groupes aussi divers que Coil, Wolfgang Press, Crass, Paul Oakenfold, Kid Congo Powers, Current 93, Nurse With Wound ou Bim Sherman…, pour n’en citer que quelques-uns. Sa présence particulière, sa voix rauque et le découpage bizarre, au bégaiement inquiétant, qu’elle fait subir à ses textes, métamorphosant la moindre liste de banalités ( comme sur le morceau « Forty Six Things I Did Today » de COH) en complainte à l’humour noir grinçant, ont fait d’elle l’invité de choix de nombreux projets. Sa faiblesse pour le pince-sans-rire, la litote, l’understatement, lui font mériter la comparaison avec une Brigitte Fontaine, dont elle partage les personnages, les masques. On peut trouver de traces de la folie légère de Fontaine période « Cet enfant que je t’avais fait » (« vous êtes tout à fait charmant/ Je crois que je n’ai plus la grippe/ voulez vous monter un instant« ) dans des chansons comme « Things happen » de Coil/Little Annie (« I think the colour pink suits my complexion/do you like chilies in Ohio, ») et la même tendance au nonsequitur et au badinage.

Depuis ses premières apparitions sur scène avec son groupe Annie and the Asexuals, en passant par une arrivée en Europe démarrant par un 45-tours de Crass (« Barbed Wire Halo » en 1981) ou plus tard le magnifique maxi « I Think Of You » (sorti chez On-U Sound en 1992), on n’avait jusqu’ici eu droit qu’à des apparitions sporadiques, et un album de loin en loin. L’année passée, sortait le splendide album « Songs From The Coalmine Canary » produit par Antony Hegarty, où elle redonnait tout son sens au concept de « torch song ». Elle recréait sans le maniérisme et les clichés habituels de ce genre d’entreprise, une atmosphère de cabaret, célébrant l’alcool (« absynth-eism ») et la mélancolie.

Elle revient ici avec un disque de reprises, sur lequel elle est accompagnée par le pianiste Paul Wallfisch, complice déjà présent sur le précédent album. Commençant en force avec une magnifique version de « It Was A Very Good Year », chanson composée par Ervin Drake en 1961 et rendue célèbre par l’interprétation de Frank Sinatra, elle se promène avec nonchalance dans un répertoire éclectique allant de Charles Aznavour ( « Yesterday When I Was Young ») ou Jacques Brel (« If You Go Away ») à Tina Turner ( « Private Dancer »’, s’appropriant au passage chaque morceau. Et si en effet l’idée d’un album où U2 (« I Still Havent’t Found What I’m Looking For ») côtoierait Barbara Streisand (« The Summer Knows ») a de prime abord quelque chose d’effrayant, c’est sans compter sur le talent que possède Little Annie de confisquer les chansons et de les détourner vers son univers personnel. Prenant le risque d’attaquer de front un répertoire connu, quelquefois même trop connu, elle démontre qu’elle est capable d’y ajouter une dose de caractère et de personnalité qui en fait oublier la version originale, qu’il s’agisse d’un standard ou d’un tube radiophonique. Et si la plupart des textes sont interprétés intouchés, tel qu’en l’état, on a dans bien des cas l’impression de les comprendre pour la première fois.

Living is hard

Posted in chronique, musique traditionnelle with tags , , , , , on juin 5, 2008 by noreille

Living Is Hard
West African Music In Britain, 1927-1929
HONEST JON’S RECORDS

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Honest Jon’s Records est, faut-il le rappeler, le label qui nous avait déjà donné la magnifique série “London Is The Place For Me” consacrée à la calypso, au kwela, au highlife et au bebop enregistrés par la communauté noire de Londres dans les années 50. Avec cette nouvelle série, le label remonte cette fois un peu plus loin dans le temps, pour déterrer des enregistrements réalisés à Londres toujours, mais cette fois dans les années 20. Réalisés par le label Zonophone à partir de 1927, ces 78 tours étaient consacrés à la musique de l’Afrique de l’Ouest, et des colonies anglaises qui s’y trouvaient alors. Destinés à l’origine au marché Ouest-Africain, et chantés dans toutes les langues de la région: Wolof, Temni, Yoruba, Vai, Fanti, Hausa, Ga et Twi, ces disques étaient généralement réalisés en faisant faire aux artistes le voyage du Ghana ou du Nigéria jusqu’aux studios de Londres, mais aussi dans certains cas en se basant sur une petite communauté naissante de musiciens noirs, immigrés en Angleterre au début du siècle passé. Accompagnant l’immigration africaine en Grande-Bretagne, et sa douloureuse histoire ponctuée d’exploitation, de violence raciste et d’exclusion, ces musiciens ont ainsi réalisé pour Zonophone des centaines de disques, qui furent ensuite exportés en Afrique.

Malgré l’origine coloniale de ces enregistrements, ces disques sont pour la plupart dépourvus de toute trace de fusion, de “blanchissement”. Il n’y a ici aucune volonté d’inclure le public blanc, aucune recherche de popularité auprès du public de Grande-Bretagne, on dirait aujourd’hui aucun compromis. Entièrement tournés vers l’Afrique et s’adressant quasi exclusivement aux communautés traditionnelles de leurs pays d’origine, les musiciens édités par le label ne vont pas chercher le highlife, l’accommodement, le moyen terme. S’il existait un (petit) public à cette époque pour la musique des communautés noires, c’était pour celles des autres continents, la musique des anciens esclaves noirs des Etats-Unis et des Caraïbes. Ce n’était pas encore le blues, mais bien le ragtime ou la musique des Minstrels Shows, qui plaisaient alors. Mais même si l’on entend parfois quelques traces de musique des Caraïbes, ou l’intervention d’une guitare ici ou là, cette anthologie nous montre bien l’exact opposé de ces spectacles. Les musiques sont ici résolument traditionnelles, résolument afro-africaine, sans mélange. Elle sont enracinées dans les musiques folkloriques et les musiques de trance d’Afrique de l’Ouest.

A l’époque où naissait le concept, encore très « ethnologique » et documentaliste de field recording, d’enregistrement de terrain, et où ses concurrents établissaient des studios locaux, sur place, en Afrique ou ailleurs, le cas du label Zonophone est assez étonnant. Il aura toutefois permis à de nombreux musiciens le « passage vers l’Europe ». Bien d’entre eux resteront à Londres et rejoindront une communauté  de plus en plus grande de musiciens noirs africains, qui sera, comme la communauté jamaïcaine qui la rejoindra quelques années plus tard, d’une grande importance pour le futur dévelopement de la musique anglaise.