Osterman Weekend

Emballé n’importe comment parce qu’invendable, Osterman Weekend, le dernier film de Sam Peckinpah est un bon exemple de production aux abois, et d’un service marketing qui n’a pas la moindre idée de la signification de son produit. Lancé sur le marché en 1983, le film est promotionné comme un thriller, un film policier, un film de suspense, un film d’espionnage… Le film est à la fois tout cela, bien sûr, mais aussi et surtout tout autre chose… Sam Peckinpah répond avec ce film de commande à ses préoccupations de l’époque: le pouvoir des médias, la peur, et … la paranoia. Plus qu’un film d’action, le film est un meta-film, un film sur la condition de l’image, du cinéaste, du cinéma, et au final de Peckinpah lui-même. Et pourtant, alors que le film regorge de moments forts, de plans saisissants de cinématographie, d’images fortes d’auto-critique du cinéma, la production, comme ce sera le cas avec les films de David Cronenberg, vont choisir, dans les 103 minutes du film, la même image inutile, quoique fort jolie au demeurant, de l’actrice principale, Meg Foster, fixant de ses yeux bleuissimes, la victime prochaine de son arc à flèches hi-tech. La plupart de ces mêmes affiches, ou jaquettes vidéo/DVD ne reprennent pourtant qu’à peine son nom… Une seule édition s’écartera de la règle, qui présentera l’image énigmatique de Rutger Hauer, l’anti-héros du film, qui semble avertir le spectateur de fuir, tant qu’il est encore temps. Une étrange manière d’attirer le public.

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