Archive pour avril, 2008

‘We’re just trying to find the greatest next three minutes of your life’

Posted in pop culture, Uncategorized with tags , on avril 29, 2008 by noreille

… est le titre d’un article du Guardian consacré au « phénomène » des Mp3-blogs.

« It has been five years since MP3 blogs – also known as audioblogs – first started appearing on the web. In 2003, a few thoughtful music bloggers decided it would be a good idea to complement discussions of songs on their sites with the songs themselves, which readers could download in MP3 format and listen to straight away. Don’t just take our word for it, was the attitude – take the music too. »

nous disent-ils

Link ( via mudd up )

Mon animal est possible

Posted in chronique, experimental with tags , on avril 29, 2008 by noreille

(enfin un post sur le son, et la musique, après cette conspiration cinématographique)

Un oublié dans mon précédent poste sur le travail de la voix, suscité par l’album « Il Fiore della Bocca«  d’Alessandro Bosetti.

Alexandre St-Onge, musicien canadien, actif depuis des années dans des domaines musicaux divers: l’électronique, principalement, en solo ou comme membre de Shalabi Effect (en trio avec David Kristian et Sam Shalabi), l’improvisation avec son projet Klaxon Gueule, et une forme de néo-Krautrock avec son projet Et Sans. Si ses débuts le plaçait alternativement du côté du bruitisme, ou du silence, Il s’est lancé depuis quelques temps dans une série de disques consacrés aux monstres. La thématique est large et va selon ses propres termes, de son désir de communiquer avec des monstres (son projet suivant est dédié à Joseph Carey Merrick, l' »Elephant Man » original), et d’un désir d’exorciser sa propre monstruosité. D’où le titre de cet album: “Mon animal est possible”.

Étonnement, ces exploration de la monstruosité se traduit par un album de chansons, huit en tout, qui sont parmi les choses les plus douces et les plus mélodiques que St-Onge ait composé jusqu’ici. Interprétées par sa compagne (Fanny) et lui-même, ces chansons ont attiré des comparaisons en tous sens, avec Scott Walker ou Robert Wyatt, voire avec l’étrange album “L’enfant assassin des mouches” de Jean Claude Vannier. Les voix y sont spectrales, fuyantes, doublées comme par une ombre sonore, le monstre derrière chacun. Selon St-Onge, « la monstruosité signifie la possibilité d’une relation avec l’insaisissable, elle est l’avènement d’un tout autre sens qui jamais ne pourra être confondu avec la signification. À travers cette suite de chansons “pop” électroniques pour voix, basse électrique et ordinateur j’essaie de faire passer à travers ma voix celle de Joseph Carey Merrick. Il s’agit d’un rituel de possession de/par l’autre, semblable à une planchette Ouija, où mon corps/ma bouche est devenu ce célèbre moyen de communiquer avec les esprits. » (Alexandre St-Onge sur le site du label oral)

On trouve quelques extraits de ce disque sur le site du label Alien8

The Anderson Tapes

Posted in cinema, complot, paranoia with tags , , , , , on avril 28, 2008 by noreille

Attention, spoilers droit devant!!

The Anderson Tapes, en français, le Gang Anderson (ce qui n’a aucun rapport, et passe à coté du thème du film) est un film policier tourné en 1971 par Sidney Lumet. Il est basé sur un livre de Lawrence Sanders, adapté pour l’écran par Frank Pierson. On y retrouve dans les rôles principaux Sean Connery, Martin Balsam et Dyan Cannon, ainsi qu’un tout jeune et fringuant Christopher Walken. Pourquoi inclure ce film dans une thématique paranoïaque? Le film n’est après tout que l’histoire d’un cambriolage assez ambitieux et osé, et serait assez banal et expéditif s’il se limitait à cela. La préparation du coup, sa réalisation et le dénouement de l’histoire sont des moments plaisants de cinéma de genre, typique du « heist film« , mais c’est surtout le décor qui est intéressant.

A tous les moments-clés du film, on s’aperçoit que les personnages (comme le reste de la population de New York) sont surveillés, filmés, mis sur écoute, etc… Pas moins de 7 agences de police: les stupéfiants, le fisc, la police criminelle, la sureté de l’état, le FBI…, ainsi que des agences privées, les ont, dés le début du film, enregistrés et filmés (d’où le titre anglais du film). Ils figurent ainsi dans les dossiers de tous ces départements, … qui n’en feront rien, parce qu’ils n’y figurent que par hasard, voire par erreur… (Comme lorsque Sean Connery rend visite à un complice qui loge au-dessus d’un local de réunion des Black Panthers, surveillé de près par la Sureté) Aucune de ces agences ne va communiquer avec les autres, et ce n’est qu’au final, a postériori, que les informations ressurgiront. Et encore … La majeure partie de ces écoutes seront détruites, parce qu’illégales. Anticipant de deux ou trois ans le scandale du Watergate, et les nombreux films de surveillance et de complot qu’il va inspirer, Lumet montre déjà dans ce film, l’omniprésence de l’espionnage interne. Des caméras de surveillances aux écoutes téléphoniques, jusqu’aux micros dissimulés, portés par un serveur de restaurant ou une infirmière, toutes les techniques possibles du renseignement sont utilisées autour du gang. Mais comme il n’est pas l’objet principal ni le but de la surveillance, ces renseignements ne serviront jamais à éviter le cambriolage. Comme dans le cas récent des alertes terroristes aux USA comme à Londres, ce n’est qu’après coup que la surveillance se révèle utile, permettant quelquefois de remonter à la source des attentats, mais rarement de les prévenir.

La construction du film prend un tour magistral lorsqu’après une heure environ, la ligne temporelle se brouille. Lumet entrecoupe alors la chronologie linéaire de ce qui se passe après le coup. A travers une succession d’enchaînements rapides, on peut voir les services de police reconstruire une histoire qu’ils ont pourtant filmé depuis le début, mais jamais analysé. On devine à l’arrière-plan que le coup s’est mal passé, et qu’il y a des victimes, mais on ne sait pas encore s’il s’agit des otages ou des cambioleurs. La Police demande alors aux témoins de confirmer ce qu’ils ont déjà vu et qu’ils savent déjà. Sa priorité est alors de clôturer le dossier le plus rapidement possible, afin de ne pas trahir l’existence des écoutes. Ce cambriolage tombe très mal pour eux, et à cause de lui, une série de surveillances légales ou illégales vont devoir être abandonnées au risque d’être repérées. Un conflit d’intérêt plus typique du film d’espionnage que du film policier.

Les dieux du Rock’n Roll

Posted in pop culture with tags , , on avril 27, 2008 by noreille

Tombé par hasard sur la photo suivante (via transformer) , après une recherche complexe dont je vous épargnerai les détails. Il semblerait quelle provienne d’une publicité grecque pour une station radio (comme le dit le sous-titre de la photo: From a Greek radio station advert ) . Elle rassemble plusieurs de mes obsessions de tous les temps.

Une très jolie conflagration graphique de deux déités désirant bouleverser le Panthéon de la culture populaire. Mais malgré cette très belle réussite, le dieu du Rock’n Roll, pour moi, ce sera toujours lui:

On trouve ce brave dieu céleste à la porte de nombreux temples Bouddhistes en Chine, en Corée et au Japon. Celui-ci se trouve au Temple de Beomeosa, en Corée. Les dieux célestes – Shi Tennô (四天王) en japonais, Sacheonwang (사천왕) en coréen – sont au nombre de quatre et sont les protecteurs du Bouddha. Ils représentent chacun un point cardinal. Notre ami ci-dessus est Dhrtarastra, dieu de l’Est et protecteur du territoire. Il tient entre ses mains un Pipa, un instrument à cordes chinois. Son corps est généralement blanc.Ses camarades sont Virudhaka, Virupaksa et Dhanada. Virudhaka est capable de donner un coeur généreux aux hommes, il est armé d’une épée et son corps est bleu. Virupaksa a une connaissance approfondie des êtres humains, son corps est rouge et il porte un serpent. Dhanada est le Roi de la Joie et de la Vertu, c’est le plus connu. Il porte une ombrelle dans sa main droite. D’origine indienne ces Rois Célestes ont été adoptés par les chinois, puis transmis au coréens puis au japonais.

En voici une autre version, du temple coréen de Bulguksa, cette fois:

Osterman Weekend

Posted in cinema, complot, paranoia with tags , , , on avril 23, 2008 by noreille

Emballé n’importe comment parce qu’invendable, Osterman Weekend, le dernier film de Sam Peckinpah est un bon exemple de production aux abois, et d’un service marketing qui n’a pas la moindre idée de la signification de son produit. Lancé sur le marché en 1983, le film est promotionné comme un thriller, un film policier, un film de suspense, un film d’espionnage… Le film est à la fois tout cela, bien sûr, mais aussi et surtout tout autre chose… Sam Peckinpah répond avec ce film de commande à ses préoccupations de l’époque: le pouvoir des médias, la peur, et … la paranoia. Plus qu’un film d’action, le film est un meta-film, un film sur la condition de l’image, du cinéaste, du cinéma, et au final de Peckinpah lui-même. Et pourtant, alors que le film regorge de moments forts, de plans saisissants de cinématographie, d’images fortes d’auto-critique du cinéma, la production, comme ce sera le cas avec les films de David Cronenberg, vont choisir, dans les 103 minutes du film, la même image inutile, quoique fort jolie au demeurant, de l’actrice principale, Meg Foster, fixant de ses yeux bleuissimes, la victime prochaine de son arc à flèches hi-tech. La plupart de ces mêmes affiches, ou jaquettes vidéo/DVD ne reprennent pourtant qu’à peine son nom… Une seule édition s’écartera de la règle, qui présentera l’image énigmatique de Rutger Hauer, l’anti-héros du film, qui semble avertir le spectateur de fuir, tant qu’il est encore temps. Une étrange manière d’attirer le public.

La Totalité comme Complot

Posted in cinema, complot, paranoia with tags , , on avril 22, 2008 by noreille

je viens de mettre la main sur ceci:

Publication en français par les éditions « les prairies ordinaires » du premier chapître de « The Geopolitical Aesthetic: Cinema and Space in the World System » publié en anglais en 1992. Fredric jameson s’y lance dans une analyse du thème du complot à travers le cinéma américain des années 70. On pourrait croire que ce thème ne nous a plus quitté depuis, tant il est devenu un signe banal du climat (entretenu) de paranoïa de la fin du XXème siècle et du début de siècle-ci. Jameson montre les nombreuses différences entre le cinéma moderniste qui a précédé l’âge d’or du genre (avec l’ exemple des films de conspiration, et non de complot, d’Alfred Hitchcock, comme « La mort aux trousses ») et le cinéma postmoderniste qui débute dans les années 60 et 70. Comme les écrits de Slavoj Zizek sur le cinéma, le livre est un prétexte pour Jameson à rebondir sur ses chevaux de bataille: la critique des signes culturels du capitalisme tardif, et l’analyse des bouleversements apporté par le postmodernisme à la vision du monde contemporain. Malgré la réputation de « penseur compliqué » qui accompagne Jameson, ce petit opuscule se laisse lire avec grand plaisir, et donne envie

a) d’écrire un plus long article sur ce thème ( c’est pour bientôt)

b) de revoir tous ces films.

si cela vous tente, voici un début de liste non-exhaustive des classiques du complot. (Jameson se concentre sur le cinéma américain, et la situation politico-culturelle particulière des Etats-Unis, mais quelques films non-américains partagent cette même approche, comme par exemple « I comme Icare » d’Henri Verneuil)

Vidéodrome, de Cronenberg (1982)
Les trois jours du condor, de sydney Pollack (1975)
A cause d’un assassinat, d’A.J.Pakula (1974)
Les Hommes du Président, d’A.J.Pakula (1976)
Le gang Anderson, de sydney Lumet (1972)
Osterman weekend, de Sam Peckinpah (1983)
Blow Out, de De Palma (1981)
Conversation secrète, de FF Coppola (1974)
They live, de John Carpenter (1988)

Christina Kubisch : night flights

Posted in chronique, experimental with tags , on avril 15, 2008 by noreille

Rééditer une musique expérimentale, vingt ans après sa création, est souvent le meilleur moyen de l’enterrer. Soit en la canonisant, soit en révélant ses faiblesses. La première manière équivaut à une privation quasi totale de substance, à une petite mort. La deuxième fait partie du jeu de la musique expérimentale. L’œuvre est toujours en chemin, le principe du « work in progress » procédant par écrasement, par remplacement progressif de tout ce qui a précédé les derniers développement du travail. C’est pourquoi voir ressortir un album de Christina Kubisch datant de 1987 avait quelque chose d’un peu inquiétant. Mais, malgré le raffinement qu’a mis la musicienne à élaborer et perfectionner son travail, de ses premières œuvres jusqu’aux magnifiques installations sonores qui l’occupent à présent, le présent disque garde toute sa pertinence. Peut-être est-ce le tournant qu’elle a donné a sa carrière, et qui l’a confirmé comme l’un des artistes les plus importants dans le domaine de l’installation sonore, qui fait que ces trois œuvres, écrite pour des situations concertantes, ne souffrent pas de la comparaison. Composées à Milan entre 1983 et 1986, ces pièces correspondent à une époque où Kubisch travaillait à Milan au sein d’un réseau de musiciens expérimentaux comme Davide Mosconi, Rafaelle Serra ou Ricardo Sinigaglia. Férus de musique d’avant-garde, de musique électronique et d’instruments exotiques, ils mettaient au point une musique sans trop d’équivalence à cette époque. C’est, raconte Christina Kubisch, sur ces bases que s’est ensuite élaboré son approche du Sound-Art. Si des constructions comme celles de la troisième plage, Circle III, avec ses couches de flutte passées au delay, ont été entre temps rattrapées, assimilées, et banalisées, par la musique ambient voire par la musique New Age, les deux autres plages, elle, conservent une fraîcheur et une pertinence malgré les années. Rejetant la virtuosité du classicisme pour traiter le son de manière neuve, par des recherches inspirées et de savants bricolages, Christina Kubisch était en déjà, alors, en train d’établir les bases de son œuvre future. (BD)

Christina Kubisch: night flights 1
(extrait, via important records)