Thomas Ankersmit – Live in Utrecht

D’un commentaire à l’autre, on parlera de Thomas Ankersmit comme d’un saxophoniste, ce qu’il est, soit comme d’un musicien électronique, ce qu’il est également. Comme beaucoup d’instrumentistes « traditionnels » qui sont passé à d’autres pratiques, que ce soit pour se mettre au synthétiseur, au laptop, au révox, au dictaphone, l’idée d’appliquer d’autres méthodes de travail n’empêche pas une fidélité au son de l’instrument d’origine. La musique de Robert Hampson, Christian Fennesz ou Giuseppe Ielasi continue ainsi  à sonner étrangement comme de la guitare, même si tout l’en éloigne. Celle de Thomas Ankersmit continue elle à sonner comme son sax soprano d’origine malgré les mutations que lui font subir ici le musicien et son acolyte Valerio Tricoli, qui se charge de l’enregistrement, du mixage et des prises de sons préalables utilisées lors de ce concert.

Superposition de pistes, redoublement électronique, multiplication exponentielle des occurences , le début de ce live est une accumulation progressive de clones du soprano de départ, une masse qui enfle pour se briser, à peine stabilisée, en un redécoupage chaotique, aux coutures abrasives, qui rappelle à l’auditeur du disque que ce saxophone décuplé est piloté par une puissante machine électronique, un fort beau synthétiseur modulaire Arp, qui, tout en maintenant presque intacte la tonalité du début va par contre réduire en charpie la structure linéaire de départ, et la remplacer par des conflits de boucles, des loops contradictoires, des micro-accidents en chaîne, des sonorités qui mettent en avant la présence de l’électricité. Tout cela s’arrêtera net, à mi-parcours de l’album, comme en reprenant son souffle, pour se voir remplacer par un tone purement électronique, prémisse à un nouveau départ. Faux drones de vrais cuivres, vraie agitation hyperkinétique derrière l’illusion de stabilité, le concert que reproduit ce disque devait rappeler aux spectateurs les montagnes russes tant il alternait les dynamiques, les tensions et les moments d’apaisement.

S’il est actif depuis plus d’une dizaine d’années, aux côtés de gens comme Phil Niblock ou Kevin Drumm, la discographie solo de Thomas Ankersmit est encore trop rare, ce qu’on regrette d’autant plus à l’écoute de disques aussi réussis que celui-ci.

Un avant-goût dans la vidéo suivante

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